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Chaque année, la même question revient dès que les fêtes sont passées : jusqu’à quand peut-on vraiment manger la galette des rois sans « trahir » la tradition ? Quelques jours, tout le mois de janvier, voire plus tard ? Vous allez voir, la réponse est moins stricte qu’on le croit… et beaucoup plus gourmande.
Si l’on remonte à la tradition religieuse, tout commence avec l’Épiphanie. Cette fête chrétienne a lieu le 6 janvier, en souvenir de la visite des Rois mages à l’enfant Jésus.
Dans ce cadre-là, la règle est claire : la galette se partage pour marquer ce moment, et pas n’importe comment. La coutume veut même que, dans beaucoup de familles pratiquantes, l’on déguste la galette des rois le dimanche qui suit le 1er janvier. Autrement dit, entre le 2 et le 8 janvier selon les années.
Au départ donc, une seule galette, un seul jour. Un moment de fête, de famille, presque solennel.
Avec le temps, la pratique religieuse stricte a laissé la place à quelque chose de plus souple. Aujourd’hui, la galette est surtout un prétexte à se retrouver, à partager, à jouer avec la fève et la couronne.
En réalité, la plupart des gens ne se contentent plus d’une seule Épiphanie. Il y a la galette du 6 janvier en famille, puis une autre le week-end suivant avec des amis, puis encore une au travail. On finit par « fêter les rois » plusieurs fois. Un peu comme le beaujolais nouveau que l’on goûte, re-goûte, puis re-goûte encore.
C’est là que l’on comprend une chose simple : entre la règle religieuse et la pratique actuelle, il y a un écart. Et cet écart, ce sont nos envies, nos habitudes, notre plaisir à partager ce dessert si réconfortant en plein hiver.
D’un point de vue strictement religieux, le cœur de la fête tourne autour du 6 janvier et du premier dimanche de l’année. Mais dans la vie quotidienne, il n’existe aucune date officielle qui interdirait soudain d’acheter une galette le 15, le 20 ou le 25 janvier.
C’est plutôt l’usage qui fixe les limites. Les boulangers et pâtissiers mettent la galette des rois en avant dès la fin décembre, puis tout au long du mois de janvier. Ensuite, l’offre diminue. Pas par obligation, mais parce que la demande retombe. À partir de la dernière semaine de janvier, il devient souvent plus difficile d’en trouver en vitrine.
En pratique, on peut donc dire que la saison de la galette s’étend de la fin décembre jusqu’aux tout derniers jours de janvier. Au-delà, il faut parfois commander à l’avance, voire renoncer… ou se mettre aux fourneaux.
Ce qui est fascinant, c’est la manière dont cette tradition s’est transformée en un vrai rituel social. On ne se réunit plus seulement pour un symbole religieux. On se réunit pour le plaisir d’être ensemble autour d’une pâtisserie chaude, feuilletée, dorée.
Vous le voyez peut-être chez vous : on commence avec une galette à la maison. Puis on en partage une au bureau. Ensuite, une autre chez des amis. Certains en profitent même pour tester plusieurs versions : frangipane, pommes, brioche, pistache, chocolat, ou encore versions salées pour l’apéro.
Résultat : l’Épiphanie devient presque une série de petites fêtes. On étire la tradition, on la réinvente, mais on garde le cœur du jeu : la fève, la surprise, la couronne sur la tête, même pour quelques minutes.
Fin janvier, vous pourriez avoir une mauvaise surprise. Moins de choix, parfois plus aucune galette en rayon. Certains artisans arrêtent tout simplement d’en produire dès que la demande baisse.
Pour éviter cela, deux options. La première : commander à l’avance si vous tenez absolument à une galette pour la fin du mois, par exemple pour un anniversaire ou un repas de famille. La deuxième : préparer votre propre galette des rois à la maison.
Si les vitrines sont vides mais que l’envie est là, rien ne vous empêche de faire durer la saison chez vous. Voici une recette maison très accessible pour une galette à la frangipane pour 6 à 8 personnes.
Ingrédients
Pour la crème d’amandes
Pour la dorure
Préparation
1. Sortez le beurre du réfrigérateur au moins 30 minutes avant. Il doit être mou. Dans un saladier, mélangez le beurre ramolli et le sucre jusqu’à obtenir une crème lisse.
2. Ajoutez la poudre d’amandes et la farine. Mélangez bien. Incorporez ensuite les 2 œufs un par un, puis le rhum ou la vanille si vous le souhaitez. Vous obtenez une crème d’amandes souple.
3. Déroulez une première pâte feuilletée sur une plaque recouverte de papier cuisson. Étalez la crème d’amandes au centre en laissant un bord libre de 2 à 3 cm tout autour.
4. Glissez la fève dans la crème, près du bord mais pas trop au centre pour éviter de tomber dessus au découpage.
5. Humidifiez légèrement le bord de la pâte avec un peu d’eau. Recouvrez avec la deuxième pâte feuilletée. Soudez les bords en appuyant avec les doigts, puis en les marquant avec le dos d’une fourchette.
6. Mélangez le jaune d’œuf et le lait. Dorez le dessus de la galette avec un pinceau, sans toucher les bords pour ne pas empêcher la pâte de monter. Avec la pointe d’un couteau, dessinez quelques motifs légers sur le dessus.
7. Piquez discrètement la galette à 3 ou 4 endroits pour laisser la vapeur s’échapper. Placez-la au réfrigérateur 20 minutes pendant que vous préchauffez le four à 200 °C.
8. Enfournez la galette environ 25 à 30 minutes. Elle doit être bien dorée. Laissez tiédir quelques minutes avant de servir pour que la crème se stabilise.
Si l’on résume, la tradition religieuse vise le 6 janvier et le premier dimanche de l’année. La pratique actuelle, elle, étend très largement le plaisir sur tout le mois de janvier. Dans les faits, on en mange souvent de la fin décembre jusqu’aux derniers jours de janvier.
La seule vraie limite, ce n’est donc ni le calendrier ni la religion, mais ce que vous, votre famille, vos amis avez envie de faire. Tant que l’on garde l’esprit du partage, du jeu avec la fève, du moment convivial au cœur de l’hiver, la tradition continue de vivre, même si l’on dépasse un peu la date.
Alors si vous avez encore envie de galette le 20 janvier ou même le 30, ne culpabilisez pas. La plus belle des traditions, c’est aussi celle que l’on adapte pour qu’elle reste vivante et joyeuse.